Un sac à dos, un van et deux enfants

Sophie et Nicolas, deux amoureux du voyage, se rencontrent en Australie en 2004 durant leur visa Vacances Travail. Depuis, ils explorent le monde en van et en sac à dos à deux puis trois, puis quatre. Voyager à la dure avec deux enfants en bas âge, ça ne s’improvise pas ? Sophie et Nicolas nous prouvent le contraire.

A deux, rien qu’à deux

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« Nicolas est un aventurier, amoureux des grands espaces ; le rencontrer a exacerbé mon envie de voyage »

Leur premier voyage à deux en van en Nouvelle Zélande en 2005 consolide leurs liens. Les deux tourtereaux censés rentrer à Paris en décident autrement lors de leur escale à Hong Kong. Ils plaquent leur vol de retour et entreprennent un périple de trois mois par le transsibérien. Ils montent et descendent du train au grès des envies « On n’avait pas beaucoup de budget ». Ils parcourent la Chine de long en large mais aussi le Vietnam, la Thaïlande, le Cambodge, la Mongolie et la Russie. Les paysages s’enchaînent et défilent sous leurs yeux avides de découvertes.

Le retour en France s’annonce rude après toutes ces expéditions. Ils posent leurs sacs à Lyon puis à Paris pour six ans et embarquent dans le train-train quotidien, celui-ci moins exotique que le transsibérien. Pourtant, les voyages ne s’arrêtent pas ; ils commencent par parcourir l’Europe. « Nous avons fait l’acquisition d’un van, baptisé Jumpy, en Espagne et l’avons aménagé avec des planches. De là, nous sommes partis pour un road trip de trois semaines vers la Norvège ».

S’en suivent 10 ans de voyages rien qu’à deux. Rien n’est jamais planifié. Une première nuit réservée dans un hôtel à leur arrivée, pour la suite, ils se fient à leur guide de voyage et à leurs envies. Deux mois en Australie en 2007, la route de la soie en 2008, l’Afrique du sud, la Namibie, le Botswana en 2009. Nicolas et Sophie n’ont cesse de nourrir leur passion commune.

En 2011, le couple migrateur s’envole pour Québec où ils décident de fonder leur famille.

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img_3138Sophie est enceinte d’un petit Thomas.

« On avait décidé qu’avoir des enfants ne nous arrêterait pas de voyager, car c’est notre moteur de vie ». Mission accomplie.

Ils profitent du congé parental de madame pour partir quatre mois à la découverte des terres sauvages du Canada à bord de Jumpy. Objectif : l’Alaska. Maman vient divertir bébé, confortablement installé dans son cosy, quand il ne dort pas pendant que papa enchaîne les kilomètres. Le jour, papa porte Thomas sur son dos pendant les longues randonnées à la découverte des lacs, des villes, des forêts, des sommets qui bordent le chemin. Les nuits, maman allaite bébé tout en se rendormant, car les journées sont longues. « Il est facile de voyager avec un enfant qui ne marche pas encore » précise Sophie. Le van Jumpy se transforme chaque jour en cuisine, salle de jeu, salon ou chambre, selon les moments de la journée et la petite famille dessine son voyage au fur et à mesure.

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A leur arrivée en Alaska, ils décident de prolonger l’aventure en faisant un détour par les États-Unis. « La fin du parcours a été plus rude. Nous avons roulé 10 jours non stop, car il faisait froid ». Ils parcourront en tout 30 000 km, dormiront sous leur tente par -10°, tout en aménageant leur aventure aux besoins de bébé. Mais rien n’a changé ou si peu.

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«  Voyager avec des enfants n’est pas plus compliqué que de rester chez soi. À la maison, la routine s’installe. On se marche sur les pieds, on se dispute pour rien. En voyage, on voit de nouvelles choses tous les jours, on est détendus, on est là pour les enfants».

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Deux ans plus tard, Max, vient rejoindre la joyeuse troupe de baroudeurs.  Le congé parental s’annonce et un nouveau voyage au bout du monde avec. Cette fois, notre petite famille s’aventure en terre connue : la Nouvelle Zélande en van. « On imaginait mal nos deux enfants à bords d’un avion pendant 24h. Les gens nous aurait jeté par le hublot…». Plusieurs haltes sont alors prévues ; Dubaï pendant deux jours, Bali une semaine, l’Australie pendant 10 jours puis, après un road trip en van sur la terre des Hobbits, il faut refaire le tour de la terre pour rentrer : Fiji 5 jours et Hawai 15 jours. Tout ça, sans compter les vols internes. « Nous avons pris 18 vols en tout » annonce Nicolas.

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 Avec une unique valise pour 4, il faut s’organiser. « Le reste, c’est du matériel de camping. Nous achetons ce qui nous manque en cours de route. Il faut prendre le minimum au départ sinon la gestion des bagages est impossible ». Grâce au camping minimaliste, pour les enfants, c’est une véritable proximité avec la nature, à la découverte du monde. Ils approchent un nouvel environnement chaque jour, qui les arrache aux dessins animés à la maison. « En voyage, ils jouent avec leurs jouets ! ».

« Il ne faut pas vouloir tout faire parfaitement, ça n’est pas possible ! L’enfant ne sera peut être pas encore propre pour le voyage, il apprendra bien tout seul quand il sera prêt. On ne peut pas non plus diversifier l’alimentation de bébé quand c’est compliqué à gérer – on fait ça au retour ! ».

Les photos parlent d’elles-mêmes, leurs voyages en van improvisés sont riches de découvertes pour toute la famille au prix de quelques sacrifices, d’un peu, voire beaucoup, de patience et surtout, surtout, d’une envie incroyable de voir le monde à 2, à 3 et à 4 !

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