On associe souvent le Canada à l’hiver glacial, aux chutes de neiges vertigineuses, aux températures qui glacent le dos rien qu’à les nommer mais découvrir la terre du sirop d’érable en automne c’est se donner la chance d’admirer les feuilles dans toutes leurs déclinaisons de rouges orangés encore juchées aux arbres bordant mille et un lacs. C’est aussi pouvoir profiter des métropoles en t-shirt !

AU CŒUR DE LA VILLE

Encore ensommeillée après un long voyage, j’entame ma découverte de la plus grande ville du Québec en mode old school : une carte à la main. Je démarre par le cœur de la ville : la rue Sainte-Catherine, la plus grande artère qui s’étale sur 10 km. Il y a certainement de quoi « magasiner » comme on dit ici. Les grandes marques ont toutes leur pas-de-porte de chaque côté de la rue, de quoi se faire un méchant tour de cou. La rue n’en finit plus et a raison de mes Converses mal adaptées aux longues distances. Même dans l’hyper-centre, les parcs sont omniprésents et sont des occasions parfaites pour reposer mes pieds échauffés.

Montréal, avec ses 120 communautés, est une scène américaine avec un parfum d’Europe.  J’assiste à une arrestation musclée de type « sortez du véhicule, les mains  dans le dos » menottes à l’appui. Les Etats Unis ne sont pas si loin, mais pas besoin de sous-titrage, la scène tout droit sortie d’un film policier est en français.

Après toutes ces émotions, je pars en quête des fameux souterrains dont on nous rebat les oreilles, la « ville sous la ville », le plus grand complexe sous terrain du monde.  Le réseau piétonnier souterrain de Montréal (RÉSO) crée dans les années 50 est un vrai labyrinthe ; 30 km de tunnels sous terre, même un rat n’y trouverait pas son chemin. Mais attention, ici, rien à voir avec les égouts, on perd le compte des magasins. Les galeries relient entre elles plusieurs édifices, bureaux, universités, très pratique en hiver pour éviter les intempéries. Avec ses 20 points d’accès extérieurs : tous les chemins y mènent en somme. Mais il est temps d’en sortir car le temps est au beau fixe.

GIRLS JUST WANNA HAVE FUN

1000001_10151713138498097_2016560636_nEn septembre, on est encore en plein été indien et la ville bat au rythme des animations que l’été offre aux Montréalais. Car la ville est aussi connue pour ça ; son hyperactivité pendant la période estivale. Concerts, spectacles, les rues s’y animent sans fin comme pour célébrer le retour à la vie après les longs mois d’hiver. Rendez-vous place des Arts pour un concert gratuit en plein air. C’est là que se déroulent les Francofolies au mois de juin.

Pour continuer les festivités, je participe à un « Massive Silent Disco ». Accompagnée d’une centaine d’autres délurés, je parcours les rues en dansant, écouteurs vissés sur la tête, tous avec la même bande sonore. Rendez-vous au Parc du Mont Royal pour finir la promenade une heure plus tard  place des Arts. Les passants eux n’entendent pas la musique qui rythme nos pas. Un bon moyen de découvrir la ville en s’amusant !

Si on n’en a pas eu assez le jour, on peut facilement continuer la nuit. Selon l’inspiration du moment, on s’arrête aux « Foufounes électriques » : un lieu de débauche un peu décalé, dans l’une des microbrasserie du vieux Montréal pour déguster la bière locale, au « Diese Onze » pour un concert jazz digne de ce nom, ou on assiste à un « One man show » dans le bar d’une auberge de jeunesse. Après quelques bières extra larges comme on les sert là bas, je me laisse convaincre par mes compatriotes français fraichement rencontrés et exilés là bas, de continuer la soirée par une tournée des clubs en bonne et due forme qui se termine par la « dégustation » d’une poutine à 5h du matin. La poutine est une spécificité culinaire locale : une grosse assiette de frites bien grasses recouvertes de sauce, de crème et de tout ce qu’on voudra bien y ajouter. De quoi éponger les excès de la nuit.

Si vous passez par là un 11 novembre vous pourrez y fêter Halloween en grande pompe. Faites vous inviter à une « party » par vos cousins Québécois. Il est temps de sortir les costumes mais choisissez-le bien ! Apparemment le 5ème élément n’a pas été aussi « famous » au Québec car mon costume de Lilou bien qu’apprécié ne rappelle rien à personne. Passons.

INSIDE MONTREAL

Il fait bon flâner dans le Vieux Montréal avec son air un brin parisien et ses petites rues bohèmes le long du fleuve saint Laurent. On s’arrête à la Basilique Notre-Dame de Montréal , véritable galerie d’art religieux dans laquelle Céline a demandé son René en épousailles.

Pour les curieux et  gastronomes, un détour au marché public Jean Talon s’impose.  Le plus grand et l’un des plus vieux de la ville, tout indiqué pour découvrir les spécificités culinaires du pays.

2955409619_47147e9754_m Le plateau Mont Royal est envahit de Français, vous ne serez pas dépaysé, on y retrouve le charme des petites villes d’Europe. Une longue succession de petites échoppes, de bouquinistes, de cafés cosy. Le Parc du Mont royal est incontournable par beau temps. Ses écureuils, son lac des Castors, il est très animé surtout en été.

A Montréal, même si vous êtes perdus et très mauvais en anglais vous trouverez toujours votre chemin, déjà parce que la langue n’est pas si éloignée de la notre mais surtout parce que ses habitants se feront un plaisir de vous aider à trouver votre chemin. La carte dépliée et l’air perdue, retranchée dans un coin à la sortie du métro, un casque sur les oreilles et bien déterminée à trouver seule mon chemin, c’est pourtant à plusieurs reprises que l’ont vient me demander si j’ai besoin d’aide. La grande métropole a ainsi des airs de village.

Il va falloir s’y faire, ici le tutoiement est de rigueur. Loin d’être une familiarité c’est une spécificité linguistique, comme à l’anglaise. On dit aussi « Bienvenue » au lieu de « de rien ». On essaye de s’y retrouver et ou sourit. Pour finir, on n’oublie pas de laisser un pourboire aux serveurs sous peine de se faire traiter d’Ostie de Français !!!

Multiculturelle et cosmopolite

360px-Montreal_MReine2_tango7174 Montréal est un véritable melting pot et transpire le multiculturalisme. On y dénombre pas moins de 120 communautés. Marty, un couchsurfer Québécois me guide à travers la ville pour étayer ses propos. En haut du Parc Mont Royal,  l’un des plus grands de la ville, nous visitons l’oratoire Saint Joseph, vestige impressionnant de la puissance de la religion catholique au Québec et lieu de pèlerinage. Professeur d’école, Marty dispense un cours d’ethnique et de culture religieuse aux élèves de primaires et secondaire, détaillant les diverses religions et leurs contributions au patrimoine culturel du pays. Un cours obligatoire qui  prédispose  les Québécois à accueillir la différence.  Pour conclure en beauté sur la notion d’ouverture, nous voguons en direction du quartier gay « The village » où se trouve les cafés et bars les plus en vogue.