Les médecines parallèles sont de mieux en mieux considérées par nos sociétés occidentales. Pour ma toute première fois, c’est à la source,  à Bali en Indonésie, que je vais expérimenter les soins d’une guérisseuse. Une expérience à vous faire dresser les cheveux sur la tête !

Bali, l’île des dieux, rien qu’évoquer son nom suscite l’émerveillement. Pour certains, Bali ne sera qu’une station balnéaire de plus mais, pour beaucoup, c’est l’exotisme à l’état pur. Une île un peu magique où passer entre les mains d’un guérisseur semble être une étape quasi-obligatoire. Julia Roberts est allée voir Ketut, je me contenterai d’un guérisseur recommandé sur place.

Remise en contexte

Je décolle pour l’île des dieux avec pour seul compagnon : mon sac à dos. Après quelques jours d’errance à Kuta, trop peuplée et électrique à mon goût,  départ pour Ubud, centre culturel de l’île. Après quelques jours à explorer les environs, la forêt des singes, les danses et spectacles traditionnels, les spécialités culinaires,  je m’attable dans un café pour une halte culturelle bien méritée et pour écrire mon article « 5 conseils pour avoir la paix à Bali ».

J’y  rencontre Karène, autrichienne, la cinquantaine, venue faire un séjour de yoga en solo. J’échange mes impressions de l’île contre la description physique détaillée de son professeur de yoga de 30 ans. Elle évoque sa visite chez un guérisseur, recommandé sur place.

Les deux pieds bien ancrés sur terre,  la sphère ésotérique n’est habituellement pas sa tasse de thé et son récit transpire l’authenticité. Le récit de ses problèmes de dos depuis son accident qui deviennent un obstacle lors de sa pratique du yoga et sa rencontre avec cette guérisseuse qui semble-t-il à fait des miracles sonnent authentiques et sincères et me convainc de tenter l’expérience. Je prends rendez-vous de suite pour le lendemain.

Le taxi se perd en plein cœur d’Ubud dans un quartier résidentiel assez pauvre. Il viendra me récupérer dans une heure. Espérons !  J’entre dans l’une des maisons traditionnelles balinaises composées de plusieurs pavillons où loge la famille au complet. On me demande d’attendre devant son pavillon. Je m’y assois en tailleur et me demande à quoi m’attendre.

La case guérisseur : une expérience électrisante

La guérisseuse m’invite à entrer dans la pièce ; lumière tamisée et atmosphère mystique plantent le décor. Je dois ensuite m’incliner quelques minutes devant un autel sur lequel sont disposées les statuettes de dieux hindous. Rien de trop cérémonieux ; quelques gouttes d’eau versées sur ma tête, un bâton d’encens à  déposer sur l’autel et la séance commence.

Assise à même le sol, les jambes étendues, la guérisseuse dispose de larges feuilles vertes sous mes pieds et mes mains apposés sur le sol. Elle s’installe derrière moi, son mari est devant.  Je ne lui ai pas encore expliqué la source de mes maux et je n’aurai pas l’occasion de le faire. A l’instant même où elle commence à mouvoir ses mains derrière mon dos sans même me toucher, me poils se hérissent. Un courant électrique intense traverse tout mon corps. Je sursaute, explose de rire et me retourne instantanément pour vérifier qu’elle n’utilise pas d’appareil électrique. Elle glousse.  « No battery » me dit-elle en riant.

Je passe la demi-heure suivante complètement survoltée, c’est le cas de le dire…  Tout cela semble improbable et mon esprit cartésien d’occidentale n’arrive pas à saisir comment il lui est possible de générer ce courant. Mes muscles se durcissent, se tendent et s’agitent comme sous l’impulsion d’un fort courant électrique, en suivant les mouvements de leur mains. La sensation n’est pas agréable mais pas douloureuse, alors, je laisse faire.

Lorsqu’elle approche ses mains de l’arrière de mon crâne,  picotements et gout métallique dans ma bouche me confirment qu’une bonne centaine de volts sont mis à contribution. Mes paupières clignotent toutes seules…. Je les ferme. Après 40 minutes, la séance touche à sa fin et je reste hébétée.  La guérisseur désigne la partie de mon dos qui me fait souffrir et me dit qu’il n’y a rien de grave. Enfin une bonne nouvelle !

Elle m’expliquera plus tard qu’elle a découvert ses « prédispositions » pendant un orage en voulant toucher quelqu’un. Elle peut utiliser ce don  « on » ou « off » et donc toucher les gens sans les faire trembler. Elle l’aurait aussi transmis à son mari qui est là avec nous.

Avant de partir, je suis invitée à faire un don et à déposer l’argent sur l’autel. Aucun prix n’est fixé, mais Karène m’avait préalablement indiqué la somme qu’il est d’usage de laisser.

Mes problèmes de dos ont-ils été réglés grâce à  cette unique séance peu banale ? J’en doute. Peut-être en faudrait-il plusieurs ? Peut-être pas. Malgré tout, je ne regrette en rien cette expérience inédite. En tout cas, c’est certain, le courant est passé entre nous. Zzzt !

 Je n’ai pas de nom ou d’adresse à communiquer, solliciter des adresses sur place auprès de locaux et suivre le bouche à oreille reste le meilleur moyen de trouver une bonne adresse. Les Balinais s’en remettent souvent aux mains des guérisseurs avant même d’aller voir un médecin.