Dès la mi novembre, Noël s’annonce sur la pointe des pieds et transforme la ville en sapin géant avec ses guirlandes et ses décorations tous azimuts. Il fait aussitôt une entrée fracassante dans les vitrines des commerçants qui se parent de leur plus beaux atours et lancent la chasse aux cadeaux. Puis, Noël occupe notre esprit chaque jour les  6 semaines qui suivent…

En seulement quelques décennies  le visage de Noël s’est métamorphosé et démultiplié et le modèle traditionnel a pris bien des rides. Entre autres, les rapprochements occasionnés par la naissance du Christ ne sont plus uniquement le fruit des liens du sang.

Malgré de nombreux bouleversements, il reste bien des pondérables : les cadeaux, la nappe, les habitudes alimentaires, la course aux cadeaux, mais aussi le partage, une valeur sure  toujours de la fête.

Ceux qui restent aussi, sans qu’on leur ait demandé, sont les jours les plus courts de l’année, froids et sombres quand la neige ne s’en mêle pas, les bilans plus ou moins conscients engendrés par la « fin » d’année approchant, la fatigue accumulée depuis les vacances estivales déjà trop loin, la charge émotionnelle contenue du Réveillon qui se fait le lit des névroses familiales aussi insidieuses que violentes, les déchirements provoqués par l’éclatement des familles et le modèle monoparental, l’éloignement géographique qui sème le trouble dans les retrouvailles et l’absence des disparus qui se fait plus pesante ces jours là.

Enfin, pour ceux qui se réjouissent encore du jour de la naissance du Christ, il ne reste que quelques mois avant de fêter sa mort.

Voici l’étrange Noël de monsieur tous le monde. Malgré la fête, on se réjouit tout autant d’entendre s’éloigner les « Ohohoh » qui venaient nous l’annoncer.