mademoiselle

Mesdames, Messieurs, Mesdemoiselles, la mention « Mademoiselle », jugée discriminatoire, a disparu des formulaires administratifs français. La bataille des mots remportée, la guerre des chiffres fait pourtant toujours rage du côté de l’égalité salariale.

On veut bien vous l’accorder Ma-de-moi-selle, ça fait 4 syllabes. Dans un monde où l’on tend à les réduire au maximum « ch’ais pas », « tu viens ou bien  », « j’te dis quoi », ça fait long ! Mais la raison de sa disparition est pourtant toute autre. Les féministes pures et dures, elles, ne l’ont jamais adopté et ont finalement remporté la bataille contre Napoléon avec l’abrogation de la mention le 21 février 2012. (N.B : le terme Mademoiselle apparait dans le code civil sous Napoléon). Mais la guerre est loin d’être gagnée ! Dans un monde où l’égalité est adoptée, en théorie, elle est loin d’être appliquée dans le monde du travail.

 « Mademoiselle » dans la langue française

Le terme « mademoiselle », dans son sens premier, est censé indiquer  le statut marital d’une femme. A bien y réfléchir, devoir l’indiquer pour une femme peut paraître étrange voire injuste. Mademoiselle est une mention un peu bâtarde puisque qu’elle ne signifie pas que l’on est une célibataire ésseulée mais tout simplement encore « bonne à marier ». Le terme « Mondamoiseau » qui pourrait être considéré comme son équivalent masculin a, lui, disparu du vocabulaire courant au moyen âge. Moyen-ageux donc le terme Mademoiselle ?

Les féministes le considèrent en tout cas comme discriminatoire. Pourtant, aux oreilles d’une grande majorité des femmes, il reste plutôt flatteur et celles-ci espèrent secrètement que leur code génétique leur permette d’être appelées ainsi le plus longtemps possible.

Chez nos voisins francophones Suisses, le terme avait été supprimé en 1973 en marge du débat sur le droit de vote des femmes.

Quant à moi, le terme Mademoiselle n’a rien pour me déplaire. Appelez-moi « Mademoiselle » si vous le souhaitez tant que je suis rémunérée comme un « Monsieur ».

200 ans pour changer un mot, combien pour changer les chiffres ?

Au final, il aura fallu plus de deux siècles aux féministes pour gagner la bataille, deux cent ans de lutte pour un seul mot. Mais les maux eux restent bien présents. Qu’en est-il côté chiffres ? La lutte pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes est engagée depuis « seulement » 40 ans, cela reporterait l’égalité à …2172.

En 2011, l’observatoire des inégalités annonçait un écart de salaire de 20% entre hommes et femmes pour un emploi à temps complet. Les plus sceptiques avancent l’argument suivant : les femmes ont simplement des emplois moins qualifiés. Vérifions. « Si l’on tient compte des différences de statut d’emploi (cadre, employé, ouvrier), d’expérience, de qualification (niveau de diplôme) et de secteur d’activité (éducation ou finance) environ 10 % de l’écart demeure inexpliqué ».

Attendez, moi, je vais vous l’expliquer.

La course à l’application des lois

La première loi concernant l’égalité de rémunération entre homme et femmes date de 1972. Les lois sont-elles toujours misent en application ? On sait bien que non, en voici un exemple grotesque : la loi du 26 Brumaire an IX de la République déclare que le port du pantalon est interdit aux femmes. Cette loi n’a jamais été abrogée et reste donc toujours en vigueur.

Heureusement depuis 1892, la gente féminine peut porter le pantalon si et seulement si « la femme tient à la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval ». Enfourchez vos montures mesdames si vous tenez à votre jean !

En bref, les lois vont et viennent mais pour qu’elles soient réellement appliquées, il y a encore du chemin et l’égalité des salaires semble être encore une oasis que l’on distingue, là-bas, au loin. Mesdames, enfilez vos pantalons et enfourchez nos montures, ça ira plus vite !