andrevaggione-1S’inspirer de la fragilité d’une fleur et composer avec la froideur de l’argent pour faire éclore un bijou, c’est le pari réussi d’Andrea Vaggione. La créatrice Argentine fait émerger une variété hybride ; la fleur bijou, celle qui ne fane jamais. « A fleur de peau » est une collection inspirée par la nature. Les bijoux épurés, minimalistes, relevés d’une pointe d’ingéniosité reflètent à la fois la force et la fragilité de leur créatrice.

Semence

Le destin d’Andrea Vaggione semblait tracé d’une ligne droite alors qu’elle se préparait à devenir designer industriel. Quand son chemin croise celui d’une créatrice de bijoux contemporains, en Argentine, son parcours prend une toute autre tournure. Il s’agit alors de mettre la main à la pâte ; la soudure, la réalisation de maquettes en papier et les premières créations en aluminium bourgeonnent et voient le jour. Puis, elle se tourne vers le soleil de Barcelone pour poursuivre sa lancée, l’endroit parfait pour développer ce savoir-faire qui fleurit si bien là-bas. Elle y parfait sa technique auprès d’une créatrice italienne en confectionnant des accessoires de mode. C’est la révélation.

Bourgeon en fleur

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A la poursuite des germes d’un amour naissant, Andréa s’installe à Lyon et la voilà prête à lancer sa collection. « A fleur de peau« . Rien ne saurait mieux refléter ce qu’inspirent ses bijoux. La collection est composée de fleurs fortes et fragiles prêtes à éclore.

« Les fleurs sont le symbole de la renaissance perpétuelle, comme ça a été le cas dans mon parcours ». La renaissance mais aussi la naissance. C’est enceinte qu’Andrea a donné vie à sa collection. Elle fige dans le temps l’éphémère beauté des fleurs en leur attribuant la force de l’argent. Andrea a la main verte et devient une jardinière expérimentée. Elle fait pousser autour du cou et des doigts des femmes, dandelions, chardons, chrysanthèmes, pâquerettes ou encore fleurs de carotte !

Eclosion

Pour Andrea, la nature est une perpétuelle source d’inspiration pour faire jaillir de nouvelles compositions. Le perfectionnisme qu’on y trouve ne cesse de la surprendre. Elle étudie de près l’inflorescence des feuilles pour créer les siennes. Andrea les analyse méticuleusement et retranscrit cette perfection grâce aux mathématiques dans sa maîtrise des proportions, la diminution des échelles en quête du fameux nombre d’or. Mais c’est aussi la sensualité de la jeune femme qui transparaît dans la finesse de l’objet, une « sculpture prêt-à-porter » qui induit une relation charnelle avec celle qui la porte, à mi chemin entre rigidité et malléabilité.

Les fleurs ainsi crées semblent figées par le froid rhônalpin mais sont pourtant gardées en vie grâce aux mouvements qu’elles intègrent. « « Ça bouge, ça tourne, ça roule » explique Andrea. Elle sait capturer l’essence de cette perfection mais sans la figer et redonne vie à l’organique par un mouvement mécanique.

L’argent est le matériau qu’elle travaille en force et en finesse. Les bagues et colliers articulés répondent à un besoin de confort. Elles doivent se fondre avec le corps. Chaque pièce est travaillée comme un « jouet », dont on peut faire tourner les éléments indépendamment les uns des autres. Des pièces uniques, ultra féminines qui viennent orner le doigt d’une manière originale. Chaque pièce s’adapte à l’envie, à la morphologie du corps. Les chaines se portent, un jour courtes, un jour longues. Le collier doit se fondre avec son modèle. « La femme qui le porte doit pouvoir se l’approprier » m’explique Andrea. La monochromie des pièces de la collection capte et reflète la lumière.

Pollinisation

bague

Jusqu’à maintenant, Andréa préférait travailler un seul matériau, un seul thème, par soucis de clarté, « pour ne pas m’éparpiller, me recentrer ». Une clarté nécessaire après son parcours mouvementé jusqu’à son installation à Lyon.

A chaque printemps, la nature se réinvente. Andrea s’y sent prête. Et l’inspiration ne fane pas. La créatrice imagine mêler matière et couleur à ses prochaines créations qui resteront dans l’univers de la nature ; le bois, les pierres mais aussi le tissu viendront adoucir et arrondir les angles pour habiller les femmes en accord avec leur nature !