Le prince charmant moderne, s’il existe, n’a plus le temps de préparer sa monture, traverser mille et une contrées dans ses bottes de sept lieux et de demander sa route à tous les manants pour venir vous trouver perchée dans votre tour. Rapidité et efficacité sont les maîtres mots du siècle. Aujourd’hui, il utilise le GPS pour aller droit au but et prend même un assistant pour flirter à sa place, en ligne .

La cible principalement visée : les hommes la trentaine assumée, voire dépassée, cadres ou chefs d’entreprise, la génération Y en mal d’amour. “Quand ils rentrent d’une longue journée de travail, ils n’ont pas envie de chercher l’amour en ligne pendant des heures, trop chronophage !

Il y a aussi un vrai décalage entre le réel et le virtuel. « Après un certain temps, on a tendance à cristalliser, imaginer quelqu’un qui n’existe pas”. Pour leur simplifier la vie, Vincent Favre et Matthieu Banas ont conçu, en 2011, ce service dit de « conciergerie privée » qui offre de déléguer le flirt. A mi-chemin entre l’agence matrimoniale et le site de rencontres en ligne.

Tendance humaniste

La tendance, en termes de rencontre en ligne en 2015, c’est donc la séduction hybride. Non, pas hermaphrodite, hybride on vous dit. “Beaucoup de sites proposent maintenant des événements durant lesquels les gens peuvent se rencontrer en vrai. C’est aussi le cas de l’application Happn qui vous invite à retrouver en ligne, la personne que vous avez croisée, dans un café, à l’arrêt du bus…”. Plus question du tout digital et de rester seul des heures derrière son écran. Les gens veulent briser la glace, la solitude.

“1/3 des rencontres se font en ligne et 6 millions de personnes surfent sur 2 000 sites de rencontres chaque jour, une vraie jungle !” assure Vincent, qui propose deux offres aux célibataires : la délégation à 100%, où l’on drague à votre place et le coaching, dédié au grand public, plus abordable.

Dating assistant, un métier en plein essor ?

Un assistant qui se substitue au client pour écrire des mots d’amours : un Cyranet ? Pas loin. Après 45 minutes d’entretien, la création d’un profil top moumoutte avec une photo qui claque et tout et tout, c’est le dating assistant qui se charge de trouver et de communiquer avec l’adversaire.

N’est-ce pas un peu tricher ? Commencer une relation sur un mensonge ? “Eh bien… non. L’idée n’est pas d’avoir des conversations détaillées, mais plutôt de définir si la personne convient et de décrocher un rendez-vous au plus vite. On va droit au but, le message est sans ambiguïté”. Hmmm. Bon d’accord. Et puis libre à lui/elle de dévoiler ses techniques à sabelle/son beau, plus tard…

Et, quelles études faut-il se prévaloir pour devenir un Dating assistant ? “Une bonne expression écrite, c’est la base. Etre un bon communiquant, mais aussi savoir vendre et avoir la fibre publicitaire”, pour marketer le client en somme… Intéressant ! Un nouveau métier dérivé du coach en séduction. On utilise ensuite une trame, des mails rodés et un profil attractif pour décrocher le fameux rancard.

Pas satisfait ? Remboursé ! Comme les paquets de Bonux. Bon, en même temps, on ne vous garantit pas la viabilité du couple ainsi formé. Leur crédo : “Votre temps vaut-il au moins 16 €/h ? (NDLR : prix horaire moyen du dating assistant). Notre service est beaucoup moins cher qu’un coach sportif, et à peine un peu plus qu’une femme de ménage”. Euh oui, de toute façon, l’amour n’a pas de prix, non ? Et puis autant dépoussièrer sa technique de drague que ses meubles…

+ d’infos : Netdating assistant.com