maison modulaireQue signifie réellement « Vivre ensemble » ? Brigitte et Christian nous dévoilent leur propre interprétation en nous ouvrant les portes de leur maison. A première vue, elle semble n’être formée que de quatre murs, composée d’une pièce commune où tout se partage, où l’on circule sans jamais se retrouver coincé par une porte. Mais pour bien vivre à deux il faut pouvoir se réserver des instants de solitude. Comment concilier ces deux idées… Une maison modulaire pardi !

Dès l’entrée, je pressens que cette maison va me réserver quelques surprises. La grille franchie, je m’introduis dans le sas d’entrée long de plusieurs mètres qui mène à la terrasse. Ce sas possède une double fonction ; il protège de l’extérieur et surprend ses visiteurs. « On ne voulait pas gâcher la surprise et amener directement nos invités sur la terrasse» m’explique Brigitte, la propriétaire. Ce petit tunnel habillé de Melèze joue bien son rôle.

Pour vivre heureux, vivons cachés

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La terrasse, entourée de verdure, est habillée d’un bassin longiligne qui fait office de piscine l’été. « On l’a voulu très proche de la maison pour pouvoir en profiter un maximum ».

L’ensemble rectangulaire de 160m2 est assis sur un rectangle en béton qui abrite le garage, construit d’une pièce unique longue de 15 mètres par 8. Il pourrait paraître un peu rustre à première vue, presque brut de décoffrage avec ses grandes bardées de melèze à l’intérieur comme à l’extérieur. Mais déjà, la couleur du bois trahit la chaleur qui s’en dégage.

Première surprise, c’est une poignée noire dissimulée dans l’ensemble de la structure de bois qui nous mène à l’intérieur de la maison et nous voilà dans l’entrée/salon. D’ici, j’entraperçois quasiment toutes les pièces de la maison qui s’étalent d’un bout à l’autre sous mes yeux et je me demande s’il me reste quelques chose à découvrir…

Méfiez-vous des apparences

vivre ensembleBrigitte me demande de la suivre pour me faire découvrir tous les secrets que recèle la maison. « Vous voyez cette poignée dissimulée dans ce qui semble un mur ? » me demande Brigitte.  En la tirant, c’est tout un pan de mur qui se déloge telle une porte. Derrière lui, dans cette « malle » ou ce qui aurait pu tenir lieu de placard; un canapé. En tirant la porte à 90°, nous construisons une nouvelle pièce, l’espace TV… Je reste ébahie et ce n’est que le début. L’autre côté de la porte est jaune. « Pour avoir un peu de chaleur, nous avons choisi les couleurs primaires de Le Corbusier qui recouvrent chaque pan de mur caché.  « Voyez ce  rideau tout au bout du parcours ? »Il cache en fait une petite pièce intégrant un bureau ». Ingénieux !

Nous voilà au bout du « rectangle » devant une baie vitrée donnant sur le jardin. L’excitation retombe, nous voilà obligées de faire demi-tour… Mais  Brigitte se dirige aussitôt vers une autre poignée, logée dans le bloc central, qui semble sortie de nulle part. En l’ouvrant, nous nous introduisons dans le dressing tout de bois vêtu qui mène à la chambre et découvrons un nouvel espace plein de lumière.

Les façades Nord et Est sont des baies vitrées habillées par des panneaux amovibles pour protéger de la lumière quand le besoin s’en fait ressentir. Le lit trône au milieu de la pièce avec sa tête de lit en béton. La baignoire encastrée dans un des murs, ouverte sur la chambre, comporte, côté pieds, un encadrement dans le mur, une petite vitre qui donne sur l’extérieur. « Même dans mon bain, la nature n’est pas loin » explique Brigitte ravie.

De l’autre côté de la pièce, deux poignées à quelques mètres l’une de l’autre. Je m’imagine déjà deux petites salles de bain privatives. Voilà donc le lieu où monsieur et madame se séparent.  Je  suis une nouvelle fois dans l’erreur. Chaque porte mène à un lavabo éclairé par un puit de lumière au plafond et sont reliés par une douche ouverte commune qui tient lieu de passage entre les deux pièces. L’espace est ouvert ici aussi, pas de séparation.

Pièces communes ou plus si affinités

MAA_9752 maison modulaireRetour à la chambre. Juste derrière, j’aperçois le salon où nous étions en début de visite. Une chambre ouverte sur le reste de la maison ? Quelle idée ! Mais Brigitte s’empresse de  faire coulisser un pan de mur en mélèze qui nous sépare maintenant su salon. Et voici le rouge primaire Le Corbusier. Et l’isolation sonore dans tout ça ? « A deux ça va très bien. Effectivement nous couper de tout bruit n’était pas notre priorité. Si nous avons des invités c’est un peu juste, c’est vrai », avoue Brigitte.

Je continue ma visite guidée. Cette fois, je suis aux aguets, en quête de la moindre poignée. Car nous n’avons parcouru que la moitié de la maison et je sens ne pas être au bout de mes surprises. Nous arrivons dans la « cuisine » qui se fait discrète, découpée en trois parties. Un espace bar où l’on peut déjeuner perché sur un tabouret en se délectant de la vue sur le nord de Lyon via un encadrement sur toute la longueur. C’est le paysage naturel qui tient lieu de tableau. La partie centrale, insulaire, permet de cuisiner discrètement et l’espace est ouvert sur le salon par un nouvel encadrement, sans vitre cette fois.

Nous nous dirigeons vers l’« espace zen », comme Brigitte aime à l’appeler. Ici encore, une grande baie vitrée, un pouf géant, une petite table basse et un nouveau bureau caché dans le mur derrière un rideau. Dissimulé dans un autre mur, un lit. Un peu plus loin, une nouvelle poignée trahie la présence d’un nouveau pan de mur qui, une fois tiré, permet d’isoler l’espace zen. Voici une deuxième chambre. Et le bleu Le Corbusier crie victoire. De l’autre coté de l’espace ainsi constitué, un nouveau lit caché dans un mur. Un peu plus loin, en coulissant un panneau, l’espace est isolé pour créer une troisième chambre.

« A tout instant, que je sois dans la chambre, dans le salon, dans la cuisine, dans la salle « zen », nous pouvons être ensemble, continuer à nous parler. Mais si je le choisis, je peux aussi m’isoler, créer un espace plus intime». Ce serait donc ça le secret ?